Le harcèlement scolaire est un phénomène social qui est étudié depuis plusieurs dizaines d’années. En tant que parent cela nous fait peur et il est vraiment très difficile de savoir comment réagir.
Bien s’informer pour être bien outillé face au harcèlement
Le harcèlement n’est ni une simple chamaillerie ni un conflit banal entre enfants ou adolescents. Il s’agit d’une violence répétée, intentionnelle ou non, qui s’installe dans le temps. Cette violence peut être verbale, psychologique, numérique, physique, sexuelle, et elle touche de nombreux enfants, dès l’école primaire.
Reconnaître une situation de harcèlement est essentiel pour pouvoir agir. Certains signes doivent alerter : moqueries répétées, surnoms humiliants, rumeurs, mise à l’écart volontaire, menaces, chantage, vols, dégradations ou violences physiques. On parle de signaux faibles.
Parler du harcèlement pour les enfants est difficile car ils ont très souvent entendus de la part des adultes “débrouillez vous avec vos histoires ” ! Dans la cours d’école, les adultes sont souvent démuni concernant les conflits entre enfants. Il est nécessaire qu’ils soient formés à distinguer ce qui relève d’une situation de harcèlement d’une situation de conflits. Les enfants ont peur de parler parce qu’ils ont honte et qu’ile ne veulent ni causer des soucis à leurs parents, ni les décevoir, ni que la situation s’aggrave.
Le harcèlement repose sur le mécanisme de la peur
Il s’appuie sur une asymétrie de pouvoir. L’enfant auteur ou le groupe d’enfants, dispose de ressources sociales, physiques ou psychologiques supérieures, tandis que l’enfant ciblé fini par devenir isolé, fragilisé et dans l’incapacité de se défendre seul. La différence – qu’elle concerne l’apparence physique, le handicap, les troubles neurodéveloppementaux, l’identité de genre, l’orientation sexuelle ou les centres d’intérêt – devient alors un prétexte à l’exclusion. Quand les réseaux sociaux sont utilisés alors ces comportements prennent une ampleur particulière : ils deviennent permanents, visibles et profondément violent pour la personne ciblée.
Les conséquences du harcèlement peuvent être lourdes, graves et durables : stress chronique, perte d’estime de soi, troubles psychosomatiques, décrochage scolaire, anxiété, dépression, voire idées suicidaires et suicide.
Rien ne justifie qu’un enfant ne soit en souffrance à l’école
Parler, se faire aider et ne pas rester seul sont des leviers essentiels. Les adultes ont un rôle fondamental à jouer : écouter sans minimiser. Reconnaître le harcèlement, c’est déjà commencer à le faire reculer et être un rempart à toute forme de violence. Le regard que l’adulte porte sur la violence est capital pour lutter contre le harcèlement scolaire. Quand on a un enfant qui est auteur de harcèlement il est nécessaire d’agir aussi pour qu’il puisse se construire dans un autre chemin que celui des rapports de domination. Concernant l’enfant qui est ciblé, il est important qu’il puisse être prise en charge par des professionnels et qu’il puisse muscler ses ressources le moment venu. Le harcèlement s’appuie sur une dynamique relationnelle particulière qui prend place dans un espace qui la favorise : il est important d’analyser le contexte et de le travailler.
Sans oublier que le harcèlement scolaire c’est aussi parfois le harcèlement des adultes sur les enfants. Cela implique de prendre conscience des violences quotidiennes ou violences éducatives ordinaires.